MOTIVATION

IMAGINONS UN CAPITALISME ENGAGÉ

on
20 novembre 2019

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Cette phrase relevait de l’utopie il n’y a pas si longtemps et pourtant en 2019, elle prend tout son sens… DES SIGNAUX FORTS SONT ENTRAIN DE CRÉER UN SÉISME DANS LE MONDE DE LA FINANCE : les banques et les fonds d’investissements s’engagent et incitent les entreprises à s’engager, je dirai même plus, les entreprises dépourvues de vision sociétale viendraient à ne plus trouver de financement. 

Voilà un beau signe de transition : LES CAPITAUX AU SERVICE DE L’ENGAGEMENT. Une raison de plus de se motiver et de s’engager, pour un monde meilleur, pour un business à impact positif. 

J’ose parler de séisme dans le monde de la finance pour trois raisons (cette liste n’est bien sûre pas exhaustive mais ces trois exemples, chacun dans leur univers, représentent pour moi, de grandes preuves de transition vers un monde plus engagé). Chacune d’entre elle fait bouger les lignes de manière considérable, chacune provoque à sa manière l’effet papillon vers un monde meilleur.

La 1ère raison,  je commence par l’extraordinaire lettre de Larry Fink : un message d’engagement ou devrais-je dire une menace aux non-engagés envoyée à l’ensemble du monde de la finance.

Chaque année Larry Fink, le fondateur et Président de BlackRock le plus puissant gestionnaire d’actifs au monde, écrit une lettre aux dirigeants des entreprises qu’il finance. L’année dernière dans cette lettre il a appelé les entreprises à oeuvrer pour le bien commun « les attentes du grand public à l’égard [des] entreprises n’ont jamais été aussi grandes. La société exige que les entreprises, à la fois publiques et privées, se mettent au service du bien commun« . En effet, il met en garde les entreprises sur la nécessité de travailler plus activement pour le bien de la société  « Si une entreprise n’intègre pas ces dimensions elle finira par perdre sa « licence to operate » (son droit d’exercer). Et après avoir sacrifié ses investissements sur l’autel du court terme, elle distribuera in fine des rendements plus bas aux investisseurs » écrit-il. Pour Andrew Ross Sorkin, l’éditorialiste financier du New York Times, il pourrait s’agir d’un « moment décisif pour Wall Street, de ceux qui soulèvent des questions liées à la nature intrinsèque du capitalisme« . En effet, Larry Fink indique ici que les capitaux doivent servir le biens communs sous peine de ne plus être rémunérateurs.

Ce prisme sociétal n’est pas déconnecté de son intérêt pour la performance financière des entreprises; c’est aussi là que le message est fort. Alors reprenons depuis le début : 1. Les moyens financiers sont l’une des clefs pour faire grandir un projet // 2. Les banques & fonds d’investissement représentent le 1er moyen d’obtenir de l’argent. // 3. L’acteur n°1 mondial en ce domaine incite les entreprises à oeuvrer pour le bien commun et dénonce celles qui ne le font pas comme des courtermistes sacrifiant les investissements à des bas rendements sans avenir. //4. Ils indiquent que les placements rémunérateurs d’aujourd’hui sont ceux oeuvrant pour demain.

Alors, si certains pensent que le mot séisme est trop fort, c’est sans aucun doute un coup d’aile de papillon aux conséquences sismiques.

 

La 2ème  raison : la BPI (la banque publique d’investissement ) redirige ses crédits vers l’accompagnement des entreprises dans leur transition écologique et énergétique. 

En 2018, cette banque française a accompagné 80 000 entreprises et a financé 19 milliards € en direct. Actrice majeure dans  le financement de la transition énergétique et écologique, elle a octroyés 8,8 Md€ de financements depuis 2013 aux entreprises qui concourent à cette transition. Et cet accompagnement s’intensifie puisque la BPI redirige davantage ses investissements vers des projets de transition écologique. En effet, les crédits dédiés à la transition écologique progressent de +17% en 2018 jusqu’à atteindre 1,4 milliard € de crédit sur l’année. Par ailleurs, bien que les banques traditionnelles soient très en retard sur ces sujets, elles transitent elles aussi tout doucement vers l’accompagnement des projets sociétaux. La Société Générale par exemple consacre une part grandissante soit 1 milliard € aux entreprises de l’économie sociale et solidaire. La marge de progression est vaste je vous l’accorde mais ce sont de belles raisons d’y croire car accompagner les entreprises dans cette transition. C’est les inciter à changer et leur donner les moyens de le faire. Souvenez-vous qu’un battement d’aile….

3ème raison : l’essor de banques engagées comme le Crédit Coopératif

 

Prendre conscience que le cumul de notre argent fait tourner les entreprises, prendre conscience que nous sommes libres de le placer où nous le souhaitons, c’est prendre conscience que choisir une banque est un acte citoyen responsable. Nous votons aussi en choisissant notre banque. La place grandissante de banques offrant l’opportunité de mettre notre argent au service de projets sociétaux est une preuve additionnelle de la transition qui s’opère. Prenons l’exemple du Crédit coopératif. Cette banque historique affiche de belles progressions (+2% d’actifs, %11% de crédit, +5% d’épargne). C’est 68 000 clients qui choisissent où va leur argent et quelles associations soutenir. Ainsi, en 2018, ce fut 68millions € de dons cumulés. 

 

En résumé le fait que les investisseurs s’orientent vers des financements de projets sociétaux signifie 2 faits majeurs : la premier est que l’engagement rapporte (n’oublions pas leur fonction première, rentabiliser les investissements) et le second est qu’il va de plus en plus rapporter (et oui, plus l’engagement sera accompagné par des capitaux, plus il impactera la société et donc plus il réussira).

Alors l’effet papillon opère et touche le coeur du système capitalisme. Il place le capitalisme au profit de l’avenir, l’avenir de la planète et l’avenir de la société.

Sources :
https://www.novethic.fr/actualite/gouvernance-dentreprise/engagement-actionnarial/isr-rse/quand-blackrock-le-plus-grand-gestionnaire-d-actifs-au-monde-appelle-les-entreprises-a-uvrer-pour-le-bien-commun-145313.html
https://www.credit-cooperatif.coop/Institutionnel/Banque-et-cooperative/Une-autre-banque-est-possible
https://www.blackrock.com/corporate/investor-relations/larry-fink-ceo-letter
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